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Le mur du Sahara, un mur oublié

Date(s) : le mercredi 23 novembre 2011 de 19h à 21h30
Lieu : salle Espace Marx

Adresse : rue Rouppe, 4 -1000 BXL

Le Mur de sable (saharaoui), un mur de dunes, de barbelés et de mines, long de 2700 km, construit par le Maroc, sépare le Sahara Occidentale en deux parties inégales, la plus grande et la plus riche se trouvant sous occupation marocaine (...)

Avec la participation de :

Salek Abderrahman, représentant du Front POLISARIO (Sahara Occidental) pour la Belgique et le Luxembourg

Vincent Chapeaux, chercheur post-doctorant en droit international et en relations internationales à l’ULB



Les commentaires des internautes

2 messages

Le mur du Sahara, un mur oublié
posté le 8 mai 2012 par Holmes

Très bon site, à la fois riche en informations et parfait. Je vous encourage de rediger toujours Pareil. cordialement.

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Le mur du Sahara, un mur oublié
posté le 3 novembre 2011 par Histoire secrète du Front Polisario

Maroc, milieu des années 60, un pays en proie au doute. L’Université est devenue le lieu principal de la contestation au pouvoir mis en place par Hassan II à la suite du décès de son père, le Roi Mohammed V. Les espoirs nourris par les combattants de l’indépendance ont laissé la place à l’immensité de la tâche à effectuer pour que le Maroc sorte de sa léthargie économique. Le Royaume Chérifien est en proie à de vives dissensions au sein des partis de gauche, qui hésitent quand à la démarche à adopter. Suite à l’arrestation de plusieurs militants de l’UNFP en 1963, leur leader Mehdi Ben Barka choisit le chemin de l’exil. L’état d’exception, instauré en mars 65, suite à des révoltes d’étudiants réprimées dans le sang par l’impitoyable général Oufkir, crispe encore un peu plus l’université marocaine.
Un véritable projet républicain est en train de se former sur les bancs de cette université marocaine, et parmi ces étudiants, plusieurs sont d’origine sahraouie.
Pour ces derniers, il n’est nullement question de quête identitaire ou de projet particulier pour le Sahara, leurs idéaux sont plus de nature communiste révolutionnaire et leurs différences s’expriment par les portraits qu’ils accrochent dans leurs chambres d’étudiants, chacun y allant de sa préférence pour Mao Tsé-toung, Lénine, Trotski, ou encore Fidel Castro.
L’heure est à la guerre froide, et les opinions publiques se tournent vers la crise des missiles, seul conflit de la guerre froide qui faillit mener l’humanité au bord du précipice d’une guerre totale.
Un homme, emblème de la révolution cubaine, a un projet particulier pour la mondialisation de la révolution. Il est, depuis les années 60 l’icône d’une révolution « romantique », où les idées compteraient plus que le pouvoir. Piètre gestionnaire mais ambitieux en diable, il est poliment chassé par son compère de guérilla, Fidel Castro, après quelques années passées au pouvoir. Son nom est Ernesto Che Guevara.
Le Projet de Guevara passe par le Maghreb, et c’est lui, qui, le premier théorisera la création d’un mouvement de Guérilla issu du Sahara. Dans un livre révélation, l’ancien espion cubain Juan Vivès, alias « El Magnifico », raconte comment Ernesto Che Guevara a conceptualisé les axes forts qui contribueront à la création du Front Polisario, et ce, dès 1963, lors d’une visite à Alger. Il raconte également comment des camps d’entraînement révolutionnaires seront progressivement installés pour endoctriner les futurs guérilleros du Front, ainsi que leurs voyages de « formation » à Cuba.
Témoin incontournable de cette époque faite de faux semblants, d’espionnage, de rêves brisés, et de révolutions avortées, Juan Vivès apporte un éclairage inestimable sur la période de genèse du Front Polisario.
C’est dans ce contexte très particulier qu’un mouvement clandestin, constitué d’une cinquantaine de personnes voit le jour, afin de combattre l’occupant espagnol. Ce mouvement, intitulé MLS (Mouvement de libération du Sahara), agira dans la clandestinité, et reprendra l’ensemble de la logorrhée révolutionnaire de Guevara.
Son leader et fondateur, Mohamed Sidi Brahim Bassiri, est un jeune Sahraoui qui a étudié au Caire et à Damas, et qui a greffé à la doctrine révolutionnaire de Guevara des éléments fondamentalistes, qui lui ont été inculqués lors de ses études en théologie et à travers ses contacts avec les frères musulmans d’Egypte. Il édite un journal, « Al Chihab » (« La torche »). Disparu après son arrestation par le colonisateur espagnol, Mohammed Sidi Brahim el Bassiri est présumé mort quelques jours après.
Les étudiants sahraouis de l’université marocaine, en opposition idéologique frontale avec leurs camarades issus d’autres provinces, perçoivent se mouvement comme une opportunité unique de mener leur combat révolutionnaire et de proposer un projet de société inspiré du modèle communiste.
Pour cela, il leur faut un leader, ce dernier se matérialise peu à peu en la personne de El Ouali Mustapha Sayed, jeune étudiant en médecine à Rabat d’origine Sahraouie, qui vénère la personnalité de Che Guevara et tente de dupliquer la démarche de son idole.
L’imitation de Che Guevara va jusqu’à l’obsession pour el Ouali, qui cultive sa dégaine de révolutionnaire maudit. Ceci ne l’empêche pas de prendre contact, fin 69, avec des membres du parti de l’Istiqlal, qui le renvoient à ses chères études.
El Ouali frappera même à la porte du …cabinet Royal, afin de faire valoir sa vison et d’obtenir des fonds afin de créer son propre mouvement. Il est poliment éconduit.
Entre temps, un autre mouvement de libération, le MOREHOB (Mouvement de libération des hommes bleus), visant à fédérer les Touaregs, tout en reconnaissant la légitimité du Maroc sur le Sahara, est en train de réunir de plus en plus d’adeptes. Ceci inquiète El Ouali au plus haut point, qui voit son projet de front révolutionnaire pris de vitesse par Edouardo Moha, nom de guerre d’un Sahraoui, Mohammed R’guibi.
El Ouali, comprenant qu’il ne pourrait pas obtenir de soutien de Rabat, décide alors de précipiter les évènements.
Reprenant à son compte les éléments théorisés par Guevara en 1963, El Ouali Mustapha Sayed y agrège la doctrine islamiste théorisée par Mohamed Sidi Brahim Bassiri.
Il commence par créer le « Mouvement embryonnaire pour la Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro », puis le Front Polisario (Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro), le 10 mai 1973 en Mauritanie, à Zouerate.
Le monde est alors en train de vivre la longue agonie du Général Franco, pendant laquelle marocains, algériens et mauritaniens vont commencer des tractations secrètes afin de déterminer le sort du Sahara.
Pour Houari Boumediene, la cause est entendue, le plus important pour lui est de trouver un débouché stratégique au Fer de Dar Jbilet, qui ne serait pas rentable s’il devait être acheminé au nord du pays et rejoindre la Méditerranée. Un projet de société mixte marocco-algérienne est envisagé, plusieurs réunions tenues entre des émissaires discrets. Il est alors déterminé que le port de Tarfaya serait réaménagé, et qu’un axe routier, doublé d’un chemin de fer, serait mis en place de Dar Jbilet à Tarfaya.
Pour le Roi Hassan II, la marocanité du Sahara est indiscutable, ces provinces étant une composante essentielle du royaume Chérifien, le rouge du drapeau marocain, apporté par ses ancêtres alaouites en étant la démonstration la plus cinglante.
C’est donc un formidable affrontement des volontés qui est en train de se dérouler dans la période 73/75, Hassan II le Marocain ayant la légitimité pour lui, et Boumediene l’Algérien ayant un besoin vital de ce débouché vers l’Atlantique.
Et c’est alors que le jeune ministre des affaires étrangères algérien, Abdelaziz Bouteflika, fait son entrée dans le dossier lors du sommet de l’Union Africaine de 1972, à Rabat. Lors d’un dîner, l’impétueux ministre explose lorsqu’il apprend que le Maroc et la Mauritanie ont réglé leurs différends, et s’apprêtent à signer un accord avec l’Espagne, puissance colonisatrice. C’en est trop pour Bouteflika, qui pensait que le Maroc, avec lequel il entretient des relations très étroites, l’aurait au moins mis dans la confidence.
Et c’est ainsi que Bouteflika, qui est quelque peu brouillé avec Boumediene depuis que ce dernier s’est remarié, trouve l’occasion inespérée de rebondir, en écrivant dans la nuit un mémo de 10 pages qu’il adresse à son président, et où il lui dit en substance que le Maroc ne s’arrêtera pas au Sahara, et voudra traverser la frontière afin de récupérer des territoires frontaliers contestés.
La grille de lecture du Président Boumediene commence à se brouiller encore plus lorsque, deux années plus tard, ses services secrets lui annoncent que le Maroc, pressentant la fin du Général Franco, est en train de préparer une immense marche pacifique pour récupérer les territoires du Sahara : la « Marche Verte. »
Cette information met Boumediene dans une colère noire, car, selon lui, cette marche ruinerait son accord de création d’une société commune Marocco-Algérienne. Or, les marocains n’ont jamais remis en cause cet accord secret, qui serait profitable aux deux parties.
Ce qui met réellement Boumediene hors de lui, c’est que la Marche verte est une formidable opportunité pour Hassan II de démontrer son savoir-faire unique de tacticien, et de légitimer sa position de médiateur au Moyen-Orient, qu’il a déjà commencé à esquisser lors de la conférence d’Anfa.
C’est alors que Boumediene, comprenant que l’histoire est en train de se dérouler sous ses yeux impuissants, décide de réactiver la « Doctrine Guevara au Sahara », et prend contact, à travers Kasdi Merbah, jeune patron des services secrets, avec El Ouali Mustapha Sayed. D’abord réticent, El Ouali Mustapha Sayed comprend le parti qu’il peut tirer du soutien algérien. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’un autre intervenant, alerté par Merbah, est en train de faire son apparition, et s’intéresse tout particulièrement à ce dossier.
Son nom est Youri Andropov et il est le tout puissant directeur du KGB, et futur dirigeant de l’Union Soviétique.
Le Maître espion Russe conseille à Merbah de proclamer sans attendre une république, afin de « placer » le Front Polisario. En miroir, Andropov veut récupérer les quelques 3000 sahraouis démobilisés par l’Espagne, qui considèrent que le Maroc leur a retiré leur gagne-pain.
Et c’est ainsi que le 25 Février 1976, un décorateur de plateau de la société nationale russe « Mosfilm », Grigori Andriovitch, est dépêché au Sahara afin de préparer la scénographie d’une déclaration d’indépendance. Problème : le jeune Front Polisario n’a pas assez de membres alphabétisés pour constituer un exécutif crédible.
Peu importe, l’exécutif comptera 9 membres, le « Politburo » 21, et les « comités de base des peuples » 19 « élus ».
Ce déséquilibre a une raison simple : le Front Polisario compte près de 600 membres.
Andropov et Merbah doivent donc de toute urgence trouver une « réserve de croissance » au Front. Andropov pense immédiatement aux 3000 hommes démobilisés par l’Espagne, et y ajoute quelques recrutements forcés de mauritaniens se situant à la lisière de la frontière avec l’Algérie.
Là, le décor est planté, Grigori, le décorateur de plateau de « Mosfilm » a l’impression de se trouver sur un plateau de « Lawrence d’Arabie ». Il conseille aux membres du Front de prendre un air grave. Alors que El Ouali Mustapha Sayed a commencé son allocution, le scénographe l’interrompt, il vient de se rendre compte que rien n’a été prévu pour saluer la « déclaration d’indépendance ». Il suggère que des armes soient distribuées et des coups de feu tirés en l’air.
Après une heure de tergiversations, les hommes de Kasdi Merbah, qui encadrent l’opération, distribuent quelques kalachnikovs et des balles à blanc.
El Ouali Mustapha Sayed peut recommencer sa lecture, qui sera à nouveau interrompue par le Russe qui se rend compte que le secrétaire général du Front ne porte pas de chaussures, un peu léger tout de même pour tout révolutionnaire qui se respecte.
Voilà, l’histoire peut prendre son envol, l’ « escroquerie du siècle », théorisée par un Cubain, mise en place par l’Algérie, et soutenue par le KGB peut démarrer…


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